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 [HRP] Lettre à un anonyme.

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Srimi-Ombre
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MessageSujet: [HRP] Lettre à un anonyme.   Mer 2 Avr - 17:48

Anaïs M.
Un jour,
Quelque part,
Assise sur une chaise,
En face d'une table,
Un stylo à la main.
Anonyme.
Un autre jour,
Quelque part,
Assis,
Ou peut-être debout,
Une lettre à la main.

Une lettre...

... Pour raconter l'histoire d'une jeune fille paumée arrivée ici un peu par l'hasard, beaucoup par la force. Un moment de vie non désiré mais qui, en fin de compte, est là. Il a fallut qu'elle fasse avec bien que ça n'a pas toujours été si simple. Au moins elle ne partais pas de rien, elle savait que ça allait être difficile. Elle le savait, oui, mais pas au point jusqu'où ça l'a été. Une sous-estimation qui coûte cher à qui ne s'en méfie pas, qui fait mal, qui réduit au néant. On peut tomber au fond du trou en quelques jours, mais il faut en mettre infiniment plus en ressortir... Sans aide, tout du moins.
Cette jeune fille avait choisi cette option au départ. En même temps, elle n'avait pas le choix, mais même si elle l'avait eu, elle aurait choisi de se démerder seule, comme d'habitude. Quand on n'aime pas déranger, inquiéter, il faut assumer. Même si ça ne fait pas du bien. Alors oui, elle s'est débrouillée seule et longtemps. Elle n'a pas craqué... Devant les autres en tout cas. Après, isolée des regards, c'est une autre histoire pas forcément drôle à raconter. Mais bon, la vie continuait pour cette fille comme pour les autres. On n'allait pas s'arrêter sous prétexte que quelqu'un se sente mal alors que cette même personne faisait tout pour le cacher. C'était Son problème. C'était Son choix et les choix, Dieu seul sait à quel point elle les faisaient mal. Pourtant, ils ne partent jamais de mauvaises intentions, bien au contraire, mais c'est en croyant bien faire qu'on s'enfonce le plus. C'est en croyant bien faire que notre jeune fille subissait sans rien dire et crevait à petit feu en faisant comme si tout était normal.
Ce qui est ironique dans cette histoire, c'est qu'elle pouvait dire "merde", elle l'a même dit. Mais pas aux bonnes personnes. Elle préféra envoyer balader ceux qui voyaient que ça n'allait pas plutôt que ce qui faisaient que ça n'allait pas. Un coup pour ne pas inquiéter, un silence pour ne pas blesser. C'est la gentillesse qui fait mal, c'est la gentillesse qui tue. C'est la gentillesse de la bêtise ou peut-être de l'ignorance... Ou peut-être la gentillesse tout court, en fait. Peu importe, elle refusait l'aide, c'est tout. On se croit grand, on veut résoudre ses problèmes tout seul parce qu'on est tout seul et qu'on à l'habitude. Enfin, on se dit qu'on a l'habitude, plutôt, car celui qui prétend l'avoir ne doit pas totalement être seul ou alors c'est un menteur. Notre jeune fille était donc une menteuse, une très bonne menteuse, cela s'est confirmé par la suite.
Nous en sommes donc à une menteuse trop gentille qui n'a plus de confiance en soi, qui n'a plus confiance en les autres et qui, accessoirement, est seule. Et puis comme il n'y en a jamais assez, les remises en question sont apparues pour compléter ce sombre tableau, ça n'aurait pas été drôle sinon. Cela tracassa la jeune fille durant des jours et des nuits :

"Pourquoi moi ?" Si je le savais.
"Qu'est-ce que j'ai encore fait ?" Bonne question.
"Pourquoi je continue à les écouter et à leur porter intérêt ?" Le contraire est dur à faire, hein, quand on a l'habitude de porter intérêt à tout ?
"Pourquoi je me tuerais à les aider alors que je n'arrive pas à m'en sortir moi même ?" La gentillesse qui fait mal, la gentillesse qui tue.
"Et si c'était Moi, le problème ?" Stop.

L'arrêt du temps, les yeux et le cœur qui se vident, la sonnette d'alarme. Le moment de se réveiller et vite avant que ça ne tourne mal.
On n'arrive plus forcément à cacher que ça ne va pas dans ces moments-là. C'est ce qui lui est arrivé. On panique, on fait des choix non raisonnés (déjà que les choix c'était pas ça) et cela passe à deux doigts de déraper. On s'attend à ce que l'histoire se termine de façon tragique, mais... "Bon sang, qu'est-ce que tu fais, regarde-toi et réagis".


Une lettre...

... Qui suit un appel au secours lancé à quelqu'un, par mail, suite à quelques discussions et quelques pleurs. Cette fille, moi, a prit son courage à deux mains et a balancé tout ses espoirs et ses ressentis sans mâcher ses mots. Je ne vois pas pourquoi je l'aurais fait après tout, je n'avais qu'une envie c'était d'écrire comme cela venait. Écrire avec le cœur et pas avec la tête comme je l'ai déjà fait. Alors on se livre à quelqu'un, on lui parle avec la voix qui tremble et les yeux baissés pour éviter au plus le regard de son interlocuteur, on apprend certaines choses, on cherche des solutions. Vous me parlez, vous me rassurez, vous me conseillez, vous me faites aller voir certaines personnes (à qui j'ai un peu, voire beaucoup, refuser de parler, faut pas se mentir). Vous me dites de garder le sourire, aussi.
Et, chose d'étrange, c'est ça qui m'a le plus marquée. Je ne dis pas que le reste n'a pas eu d'impact, bien au contraire, mais ces trois mots ont eu autant d'effet que ce fameux "J'avais oublié que tu existais". Ce sont de ces mots qui restent dans ma tête (comme quoi, il n'y a pas que de mauvaises choses) et auxquels je repense souvent. Ça fait du bien et pour une fois je ne mens pas, souvent quand ça n'allait pas j'y ai repensé et j'ai souris. C'est un peu comme une promesse, sauf qu'on ne la mentionne pas, on l'applique juste. Cela peu paraitre bête, mais c'est ainsi.
Je ne prétends pas non plus que tout ira mieux grâce à cela, il y a beaucoup à faire encore, mais c'est un début, il faut bien commencer par quelque chose. Au moins, je n'ai plus tout ce qui est noir dans la tête et ça libère d'un poids. Le reste, je pense que c'est à moi de le faire et si jamais j'ai de nouveau un coup de mou, j'essayerai de trouver quelqu'un (c'est pas gagné, mais bon, huhu) à qui en parler plutôt que me débrouiller toute seule et de faire comme si ça allait.
Je n'ai qu'une envie, c'est de ne pas retomber dans cette spirale, mais plutôt d'en sortir petit à petit. J'aimerai aussi que ce que vous avez fait n'ai pas servit à rien.


C'est donc une lettre...

... Qui est ma foi assez longue, mais qui n'est pas terminée car je n'ai pas encore écrit ce que je tenais tant à dire en commençant à la rédiger. Disons qu'une lettre de quelques mots n'est pas mon genre. Je sais que vous partez dans quelques mois, que je n'aurais sans doute pas eu le courage/le temps de vous le dire et que ce que j'ai en tête aurais moins d'impact à l'oral, mais j'aimerai vous écrire une dernière chose.
À vous en qui j'ai placé mes espoirs, à vous à qui j'ai écris, à vous qui avez accepté de m'aider, à vous à qui j'ai pris votre précieux temps (et je ne m'en excuserais jamais assez, je suis désolée), à vous qui avez choisi les bons mots, à vous et votre gentillesse j'aimerai que vous sachiez que le mot qui terminera cette lettre n'est pas celui qu'on dit par politesse, mais celui qui revient de loin et qui n'est pas dit sans un petit pincement au cœur. Que ce n'est pas celui qu'on balance à la va-vite, mais plutôt celui qu'on prend le temps de dire. Que j'aimerai qu'il ai autant d'impact que certains autres que j'ai utilisés, mais pas dans le mauvais sens cette fois-ci. Alors voilà, je voulais "seulement" vous dire : Merci.


Amicalement.




"I wait for you, no matter how long..."

J'écoute et chante ce refrain que tu m'as appris.
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